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Émilie Lecours


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Émilie Lecours
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Published by eleco080@uottawa.ca on 2012-07-17

Le latin est composé de sept cas et de trois déclinaisons. Le meilleur moyen de comprendre ces dernières est d’utiliser des tableaux. Voici donc trois tableaux qui les détaillent.

 

La première déclinaison représente les mots féminins, la deuxième, les mots masculins et la troisième, ceux du genre neutre. En latin, on note que la lettre « a » est associée au féminin, la lettre « e », au masculin et la lettre « o », au genre neutre. Attention! Le masculin et le neutre se partagent les lettres « u » et « i ». Pour faire le lien avec les sept cas, vous serez à même de constater que les suffixes varient en fonction du cas. Certains cas peuvent également suivre un modèle semblable dans leurs déclinaisons. Par exemple, avec l’accusatif, on observe qu’autant le féminin que les deux autres genres vont avoir le « m » à la suite de la lettre qui est propre à leur genre (am, em, um). Il ne faut toutefois pas généraliser, car ce n’est pas nécessairement vrai pour tous les cas. Il n’y a rien de mieux que de les apprendre par cœur pour être en mesure de les détecter dans vos futures lectures en latin.

 

La première déclinaison

 

CAS SINGULIER PLURIEL
Nominatif rosa rosae
Vocatif rosa rosae
Accusatif rosam rosas
Génitif rosae rosarum
Datif rosae rosis
Ablatif rosa rosis

 

Dans cet exemple, on utilise le mot féminin rosa, -ae, qui signifie « la rose ». Pour ceux qui connaissent bien l’allemand, on remarquera que le latin présente toujours les substantifs avec leur forme au pluriel, soit rosa, -ae (« rose » en latin) ou Kind, -er (« enfant » en allemand).

 

La deuxième déclinaison

 

CAS SINGULIER PLURIEL
Nominatif

dominus

puer

domini

pueri

Vocatif

domine

puer

domini

pueri

Accusatif

dominum

puerum

dominos

pueros

Génitif

domini

pueri

dominorum

puerorum

Datif

domino

puero

dominis

pueris

Ablatif

domino

puero

dominis

pueris

 

Dans cet exemple, on emploie les mots dominus, -i, qui signifie « maitre », et puer, -eri, qui signifie « enfant ». Contrairement à la première déclinaison, celle-ci se divise en trois catégories de mots. Ces mots sont ensuite répartis selon leur terminaison. Les trois terminaisons les plus fréquentes de la déclinaison masculine sont « inus », « er » et « um » (voir tableau suivant).

 

CAS SINGULIER PLURIEL
Nominatif templum templa
Vocatif templum templa
Accusatif templum templa
Génitif templi templorum
Datif templo templis
Ablatif templo templis

 

Dans cet exemple, on utilise le mot templum, -i, qui signifie « temple ». Ce mot appartient également à la deuxième déclinaison.

 

La troisième déclinaison

 

Les substantifs masculins et féminins

consul, is, masculin : « consul »

rex, regis, masculin : « roi »

ciuis, is, masculin : « citoyen »

urbs, urbis, féminin : « ville »

 

CAS THÈMES CONSONANTIQUES THÈMES EN -I
Singulier
Nominatif consul rex ciuis urbs
Vocatif consul rex ciuis urbs
Accusatif consulem regem ciuis urbem
Génitif consulis regis ciuem urbis
Datif consuli regi ciuis urbi
Ablatif consule rege ciue urbe
Pluriel
Nominatif consules reges ciues urbes
Vocatif consules reges ciues urbes
Accusatif consules reges ciues ou ciuis urbes ou urbis
Génitif consulum regum ciuium urbium
Datif consulibus regibus ciuibus urbibus
Ablatif consulibus regibus ciuibus urbibus

 

Les substantifs neutres

corpus, oris, neutre : « corps »

mare, is, neutre : « mer »

 

CAS Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Nominatif corpus corpora mare maria
Vocatif corpus corpora mare maria
Accusatif corpus corpora mare maria
Génitif corporis corporum maris marium
Datif corpori corporibus mari maribus
Ablatif corpore corporibus mari maribus

 

La troisième déclinaison est sans aucun doute la plus complexe des trois. On peut la voir comme celle qui englobe toutes les exceptions. Elle comprend des mots des trois genres qui se distinguent des autres par leur changement de radical. Le radical est modifié pour pouvoir ajouter le suffixe qui convient, toujours selon le cas. Dans cet exemple, on présente le mot rex, regis qui signifie « roi » d’une façon différente. Elle diffère sur le plan de l’information qui accompagne le radical rex, puisqu’il ne s’agit pas de son pluriel, mais bien de la forme qu’il prendra pour être accordé, soit regis. De là, il sera accordé de façon normale. En français, on retrouve cette particularité avec le mot « œil » qui devient « yeux » au pluriel, et en anglais, dans le mot leaf qui devient leave (feuille).

 

Eh voilà! Vous êtes maintenant en mesure de comprendre la base du latin. Je vous laisse sur cette locution latine : Ævo rarissima nostro simplicitas. Et puis, vous comprenez?

 

Source des tableaux

 

Émilie Lecours
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Published by eleco080@uottawa.ca on 2012-06-11

Maintenant que nous avons établi que le latin n’est pas une langue morte, intéressons-nous davantage à sa construction. Tout d’abord, il faut savoir que le latin est une langue flexionnelle, ce qui signifie qu’elle comporte des cas, lesquels indiquent la fonction syntaxique des mots. Donc, contrairement au français qui fonde sa syntaxe sur l’ordre des mots, le latin se base sur des déclinaisons selon le cas. Pour déterminer de quel cas il s’agit, il suffit d’observer les affixes qui indiquent aussi bien le nombre que le genre. Voici une brève description des sept cas employés en latin.

 

  • Le nominatif : se rapporte au sujet et à son attribut. Le cas nominatif ne dépend pas syntaxiquement d’un autre groupe, c’est-à-dire qu’il est complet en soi.
  • L’accusatif : désigne le complément d’objet direct qui exprime le temps, la durée, l’espace et les directions qui représentent un emploi circonstanciel. Il désigne également l’emploi actanciel, soit les compléments de verbes.
  • Le génitif : désigne le complément du nom et de l’adjectif. Il exprime la possession ou ce qui qualifie un ensemble (nom et adjectif).
  • Le datif : désigne le complément indirect. Il exprime à qui ou à quoi est reliée l’action.
  • L’ablatif : désigne le complément circonstanciel. Les compléments de manière, de moyen, d’instrument, de lieu (statique et déplacement), de temps et de date font partie de l’ablatif.
  • Le vocatif : se rapporte à l’apostrophe et exprime l’interpellation.
  • Le locatif : désigne certains compléments circonstanciels de lieu. Toutefois, il n’est plus employé de nos jours.

 

Voici un tableau qui résume bien les sept cas.

 

Cas
Fonctions
Déclinaison

Nominatif

Sujet ou attribut du sujet

 

Comme mentionné plus haut, chaque cas commande une déclinaison particulière, laquelle dépend du genre.

 

Voir le billet « Le latin : partie 2 » pour plus de détails.

Vocatif

Apostrophe

Accusatif

Complément d’objet direct, attribut du COD

Génitif

Complément de détermination du nom

Datif

Complément d’objet indirect

Ablatif

Compléments circonstanciels de moyen/manière

Locatif

Compléments circonstanciels de lieu

 

Maintenant que vous connaissez les sept cas, il faudra survoler les déclinaisons pour bien comprendre le rôle qu’elles ont et le lien qui les unit au cas. Une fois que vous avez compris comment s’articulent les déclinaisons et les cas, vous en savez suffisamment pour déchiffrer l’essentiel du latin. Je consacrerai un de mes futurs billets aux conjugaisons pour compléter les notions de base en latin.   

   

Voici une locution que vous serez à même de comprendre sous peu : Nulla tenaci invia est via, « Nulle route n'est infranchissable ».

 


Sources

http://www.etudes-litteraires.com/initiation-latin-cas.php

http://oidipus.free.fr/latin/latin002.htm

http://www.etudes-litteraires.com/initiation-latin-3.php

 

Émilie Lecours
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Published by eleco080@uottawa.ca on 2012-06-04

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une langue morte? Pour être considérée comme telle, une langue doit remplir deux conditions : n’avoir plus aucun locuteur et ne plus exister sous aucune forme. Or, le latin est encore parlé et ses langues-filles, soit les langues romanes (français, espagnol, italien, portugais, roumain, etc.), fleurissent toujours.

 

La majorité des gens croient dur comme fer que le latin est une langue morte. Eh bien, détrompez-vous : il subsiste encore aujourd’hui notamment grâce au Vatican, mais aussi grâce aux universités et aux cégeps qui continuent de l’enseigner. Bien que le nombre de locuteurs qui parlent couramment « l’ancien » latin soit presque nul, des milliers de gens comprennent et peuvent parler le latin « moderne ». Il suffit de jeter un coup d’œil au journal électronique EPHEMERIS ou encore au site Web d’une école internationale d’humanités classiques pour réaliser que le latin n’a pas dit son dernier mot!  

 

Pour en finir une fois pour toutes avec les préjugés concernant le latin, voici cinq faits en lien avec le latin.

  1. Les Romains parlaient le latin dans l’Antiquité (750 av. J.-C. à 500 apr. J.-C.), mais c’est le latin écrit des Romains cultivés à la fin du 1er siècle av. J.-C. qui est enseigné aujourd’hui.
  2. Le latin n’était pas parlé par les Grecs dans l’Antiquité, et ce, même après que les Romains aient conquis la Grèce au IIe siècle av. J.-C.
  3. Le latin n’est pas une langue morte, car elle n’a jamais disparu complètement. Il existe encore de rares personnes qui le parlent couramment.
  4. Le latin est une langue internationale au même titre que l’anglais (surprenant, non?). Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, soit pendant quelque 1300 ans, le latin était la langue de prédilection pour toutes les rencontres politiques et scientifiques en Europe. De plus, les noms scientifiques des animaux et des végétaux continuent d’être latinisés.
  5. Le latin n’est pas la langue officielle de l’État du Vatican, mais bien de l’Église catholique dont le siège est au Vatican. On célèbre encore de nos jours les messes en latin dans certaines églises catholiques.

 

Pour plus de faits concernant les Romains et le latin, visitez le site Web de Nadia Massoudy, professeure de latin.

 

Enfin, le latin représente une mine d’or pour tous ceux qui désirent parfaire leurs connaissances de toutes les langues romanes. À surveiller dans mes prochains billets : Le latin pour les néophytes, parties I et II.

 

Stude, non ut plus aliquid scias, sed ut melius.

(« Étudiez, non pour en savoir davantage, mais pour mieux savoir. », Lettres à Lucilius, 14, 89, 23.)