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Nathalie Renevier


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Nathalie Renevier
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Published by via-linguistech@alp-traduction.fr on 2012-08-16

Dragon est un logiciel de dictée vocale qui, outre le fait de reposer les poignets et de soulager toute personne qui souffre de troubles musculo-squelettiques ou autre syndrome du canal carpien, permet un gain de temps et de productivité appréciable à tout traducteur qui n’est pas parfaitement dactylo. Avec un peu d’entrainement, il est en effet facile de dicter 130 voire 150 mots/min. Pour ma part, je tape environ 60 mots/min (rarement sans fautes…), ce qui est certes honorable mais assez peu efficace au regard de la vitesse permise par la dictée vocale. Mon rendement est donc plus que doublé quand je dicte.

 

Après installation, il est important de prendre le temps d’adapter le logiciel à sa voix en lisant au moins un des textes proposés (différents extraits du manuel d’utilisation du logiciel ou de l’ouvrage de Jules Verne Le tour du monde en 80 jours). Compter minimum de 20 à 30 minutes d’adaptation avant de pouvoir commencer à utiliser l’outil. Naturellement, plus les de textes lus lors de cette étape seront nombreux, meilleur sera le résultat. Mais il est tout à fait possible de s’en tenir dans un premier temps à une adaptation de base et d’y revenir ensuite si le taux de reconnaissance n’est pas satisfaisant. En outre, l’application offre la possibilité d’adapter les mots non reconnus au cas par cas lors de la dictée.

 

Une fois l’adaptation terminée, les choses sérieuses peuvent commencer. Casque sur les oreilles (j’ai pour ma part fait le choix d’un casque sans fil rechargeable sur son support), l’utilisateur dicte son texte et le logiciel écrit. Plus les phrases sont longues, plus le logiciel est performant et moins il fait d’erreurs. Ce détail est essentiel pour les traducteurs, souvent habitués à taper leur texte au fur et à mesure qu’ils le découvrent, quitte à revenir en arrière, à effacer et à modifier trois ou quatre fois la même phrase avant d’arriver au bout. En effet, pour optimiser l’utilisation de Dragon, ils vont devoir modifier leur façon de penser et leurs automatismes, l’idéal étant d’avoir en tête la (quasi) totalité d’une phrase avant de commencer à la dicter. La reconnaissance sera ainsi bien meilleure et le taux d’erreurs, moindre. Cela peut paraitre contraignant à prime abord, mais on s’y fait très vite.

 

Malgré un niveau de performance impressionnant, le logiciel fait des fautes. Parmi les plus courantes :

  • Accords grammaticaux surtout en cas de syntaxe complexe ou d’arrêt lors de la dictée d’une phrase.
  • Indicatif au lieu d’impératif pour les verbes du premier groupe : Écoutez attentivement devient Écouter attentivement. En cas de texte entièrement à l’impératif, il est donc important de bien vérifier tous les accords, en cours de frappe et en relecture finale au cas où certaines occurrences auraient échappé à notre attention.
  • Utilisation d’un mot pour un autre, souvent pour cause d’homonymie (exemples : ces/ses, et/est, laids/lait/les, sans/cent/sang, etc.).
  • Erreur terminologique parce que le mot dicté est inconnu du logiciel. Goodwill devient ainsi goutte d’huile, sans doute moins adapté dans un texte financier que dans une recette de cuisine. Dans ce cas, il est possible d’adapter le mot ou l’expression pour permettre sa reconnaissance la fois suivante.

 

À savoir

  • Initialement conçue pour permettre aux médecins de dicter leurs rapports et aux avocats de dicter leurs plaidoiries, l’application contient d’office une terminologie très riche dans les domaines médical et juridique.
  • Par défaut, le locuteur est masculin singulier mais ce paramètre peut être modifié dans les options, onglet Locuteur.
  • Le logiciel offre de nombreuses possibilités de configuration. J’apprécie particulièrement la fonction Raccourcis qui rappelle la correction automatique disponible sous Word (par exemple, quand tjs est systématiquement remplacé par toujours). Si un terme complexe (ou étranger devant être conservé) est récurrent, il est possible de créer une abréviation orale. Ex : Congrès de pharmacovigilance et biovigilance peut devenir vigi. Ensuite, chaque fois que l’on prononce vigi, le logiciel écrit le nom complet de l’évènement.
  • Dragon est compatible avec de nombreux logiciels, notamment de TAO. Il peut donc être utilisé dans Trados, Wordfast ou Similis. Le traducteur combine ainsi reconnaissance écrite des phrases précédemment traduites et reconnaissance vocale et améliore sa productivité.
  • La version Premium (anciennement Preferred) est largement suffisante (compter environ 200 euros pour un premier achat sous PC).
  • Une version Mac est disponible sous le nom Dragon dictate.
  • Dragon existe dans de très nombreuses langues.

 

J’utilise ce logiciel depuis 2004, et une chose est sûre : j’aurais beaucoup de mal à travailler sans. Je m’en sers aussi bien sous Word ou Excel que dans ma messagerie, ou encore avec Skype ou MSN Messenger et même dans le champ de recherche de Google. Tu es Dragon addict me disent certains de mes collègues. Ils ont raison. Renseignement pris ça ne se soigne pas. Vous voilà prévenus.

 

Nathalie Renevier
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Published by via-linguistech@alp-traduction.fr on 2012-04-05

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Si le mot semble connu de la plupart des traducteurs, sa définition l’est moins, et l’utilité d’un tel outil n’est pas toujours évidente. Commençons par une définition, extraite du portail du CNRTL :

 

Corpus

Nom masculin

Ensemble de textes établi selon un principe de documentation exhaustive, un critère thématique ou exemplaire en vue de leur étude linguistique.

 

Quel est l’intérêt d’un tel recueil pour les traducteurs? L’idée est de pouvoir vérifier la phraséologie d’un domaine, les collocations ou l’utilisation d’un terme dans un contexte donné, afin de mieux appréhender les textes auxquels nous sommes confrontés et de les traduire de manière plus idiomatique et plus précise. Les corpus bilingues ou multilingues permettent également de trouver une traduction grâce aux textes parallèles, ou bitextes. Ainsi, des corpus comme Linguee ou Tradooit font partie des références favorites de nombreux traducteurs.

 

Linguee présente l’avantage d’être disponible en plusieurs combinaisons de langues :

  • anglais ⇔ français
  • anglais ⇔ allemand
  • anglais ⇔ espagnol
  • anglais ⇔ portugais.

Les combinaisons chinois ⇔ anglais et japonais ⇔ anglais sont prévues dans un futur proche.

 

Ce corpus est constitué principalement de documents officiels de l’Union européenne, de brevets, de sites bilingues d’universités ou d’entreprises et de sites canadiens.

 

Même si les résultats de recherche impliquent toujours des vérifications supplémentaires, cet outil peut s’avérer très utile notamment dans les domaines juridique et financier. À ce jour, toutes langues confondues, Linguee contient plus de 100 millions de phrases avec leur traduction.

 

Tradooit, disponible uniquement dans la combinaison anglais français, est un concordancier basé sur l’alignement de textes issus essentiellement de Termium, de différents sites canadiens, d’organisations internationales comme l’OMC et de quelques sites européens comme celui de l’EMA (European Medicines Agency) ou du Parlement européen. Des sites de référence sont indexés et ajoutés régulièrement et, comme Linguee, Tradooit s’enrichit de jour en jour. Pour être au courant de l'actualité de Tradooit, n'hésitez pas à consulter le blogue.

 

Parmi les corpus monolingues français, celui de l’Université de Leipzig mérite qu’on s’y arrête. Cette base de données, qui contient près 700 millions de mots (environ 37 millions de phrases), est dédiée à l’étude du français contemporain. Elle est constituée de différents types de données :

  • Informations issues de journaux francophones (> 19 millions de phrases)
  • Pages de sites Internet (> 11 millions de phrases)
  • Wikipédia (± 6 millions de phrases)

 

Mots-clefs, nombre d’occurrences, co-occurrences significatives, voisins de gauche et de droite, exemples en contexte, rien ne manque. Même s’il reste très généraliste, ce corpus deviendra vite indispensable, surtout pour les non-francophones amenés à rédiger dans la langue de Molière.

 

Mais le plus intéressant pour nous, traducteurs, reste de constituer, au fil de nos lectures, les corpus dont nous avons besoin dans nos domaines de spécialisation, à partir de sources dont la fiabilité ne saurait être remise en doute. Abonnements à des lettres d’information, à des journaux ou des revues en ligne, ou encore à des journaux ou revues papier (avec passage au scanner et à l’OCR), tout est bon pour constituer nos propres corpus.

 

Spécialisée dans la traduction médicale et pharmaceutique, je me suis constitué plusieurs corpus, parmi lesquels : médecine générale, anatomie, pharmacologie, gastro-entérologie, maladies infectieuses, etc. Comment?

 

Je suis abonnée à de nombreuses lettres d’information, mais également à des revues en ligne. Régulièrement, j’importe dans différents fichiers classés par thèmes, les articles qui ont retenu mon attention, des lettres d’information, le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié par l’Institut de veille sanitaire (INVS), les messages d’alerte et les informations de sécurité sanitaire publiés par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), etc. Au fil du temps, j’ai ainsi accumulé dans ces fichiers, des dizaines, voire des centaines de milliers de mots qui constituent des corpus fiables, dans lesquels je peux en cas de doute vérifier la syntaxe, les cooccurrences, ou encore l’orthographe d’une maladie ou d’une molécule.

 

J’ai également créé un corpus que j’ai intitulé « à l’oral », dans lequel j’ai récapitulé toutes les phrases ou expressions notées à la volée lors de conférences ou de colloques auxquels j’ai eu la chance d’assister. L’intérêt de ce corpus réside dans le caractère spontané, instantané du locuteur qui, même s’il a bien évidemment préparé son intervention, ne s’exprime jamais de la même manière que s’il rédigeait un article pour une publication. L’expression orale est souvent plus familière, et certaines formulations peuvent s’avérer très utiles pour adapter un texte rédigé par un spécialiste à l’attention du grand public, tout en respectant la syntaxe et les expressions idiomatiques du domaine concerné.

 

Pour gérer ces corpus, j’utilise un petit utilitaire gratuit, extrêmement pratique, que je vous présenterai prochainement.