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Marie Eve Levesque


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Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-29

J'avoue que la série de billets sur l'interprétation d'un collègue blogueur m'a inspiré. J'ai eu le désir de parler d'un métier méconnu, c'est-à-dire le sous-titrage.

 

Traduire des films, des émissions, être lu par des milliers de gens, c'est un peu le rêve mégalomane du traducteur dans sa tour d'ivoire. Le sous-titrage, par son apparence prestigieuse, enchante plusieurs personnes. Il faut prendre garde aux apparences, tout de même! Selon mes recherches, c'est un métier extrêmement passionnant et demandant en raison des nombreuses contraintes d'espace. Je ne vous parlerai pas de doublage où la connaissance des labiales est indispensable.

 

Qu’est-ce que le sous-titrage et est-il relié à la traduction seulement? En fait, c'est le défilement d'un texte au bas d'une image. Il diffère du surtitrage, technique utilisée au théâtre et à l'opéra. Cette dernière se traduit par un texte sur un écran au-dessus d'une scène. Certains vont aussi parler de sous-titrage unilingue ou de transcription pour les malentendants. D'ailleurs, la demande est très forte en ce moment pour la transcription en raison du vieillissement de la population. Cette profession commence à être reconnue pour sa complexité.

 

À cet effet, le CRTC a mandaté un groupe de travail pour normaliser la profession. Honnêtement, ce rapport est vraiment intéressant. Il parle de l'importance d'un travail homogène et de qualité. Le CRTC pointe du doigt les fournisseurs qui coupent dans leurs services langagiers pour des raisons budgétaires. Petite anecdote : le Groupe TVA était un membre participant de cette étude et, tout en aidant à la rédaction, il supprimait plusieurs postes.

 

Vous n'avez que 42 caractères par ligne pour exprimer ce que les gens disent à l'écran, vous vous devez donc d'avoir un esprit de synthèse, de posséder un vocabulaire vaste et de devenir ami avec le dictionnaire des synonymes. Une autre difficulté réside dans le niveau de langue. Un charretier ne peut pas faire de la poésie tout comme le roi ne vouvoiera pas ses sujets. Pour percer dans ce domaine, il faut donc être extrêmement rigoureux et attentif aux détails.

 

Si le domaine vous intéresse, mais que vous ne savez par où commencer, je vous recommande d'envoyer votre curriculum vitae à Vision Globale, Sette Production, Deluxe Studio, Vivafilm Atlantis et Technicolor. Ce sont des sociétés qui semblaient avoir une belle culture d'entreprise.

 

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-29

On s’éclate la rate devant une mauvaise traduction, mais elle affecte l’image des sociétés touchées. En utilisant des moteurs de recherche pour traduire des documents importants ou encore en demandant à sa belle-sœur (qui n'est pas traductrice) de s’en occuper, on court de grands risques. Malheureusement, peu de dirigeants sentent le gouffre qui s’ouvrira sous leurs pieds.

 

C’est pourquoi il est nécessaire d’éduquer les gens en leur montrant qu’un professionnel les aidera à briller sur la scène économique, car l’écriture et la communication forgent une image de confiance. D’ailleurs, plusieurs sites Internet vantent les mérites d’un bon travail.

 

D’une façon humoristique, le portail d’ackuna (en anglais seulement) illustre comment des traductions mot à mot dans plusieurs langues peuvent être désastreuses. À la manière du téléphone arabe, vous écrivez une phrase qui sera traduite vers la langue cible, puis de la langue cible à la langue source et ainsi de suite.  J’ai voulu tester à quel point ma phrase simple allait être déformée après dix, vingt et trente-cinq traductions. 

 

« I wish my dream will come true » après dix traductions est devenue « I want to reach my dream ». Mon souhait est devenu une affirmation, wish s’étant transformé par want et will come true par reach. Vingt traductions plus tard : really achieve her dream. Comment ont-ils su que j’étais une fille? C’est magique! Par contre, cela ne veut pas dire grand-chose en anglais. Après trente-cinq traductions : In fact, realize their dreams. Lorsque la phrase est traduite, on peut observer le processus dans toutes les langues, et j’ai remarqué que les transferts du chinois et du finlandais déconstruisent le texte, car ils ont une structure grammaticale complètement différente.

 

Les loufoqueries sont devenues notre pain quotidien. Fait en dinde, est-ce que cela sonne une cloche? J’ai déjà acheté un nécessaire à faux ongles où l’on indiquait sérieusement de bien appliquer le clou sur la main et d’appuyer très fort (Put the nail on your hand and press hard). À cet effet, LinguisTech regorge de perles avec ses sections Pour rire un peu et Just for fun.

 

Dans les aléas de la toile, on découvre que les anglophones souffrent davantage de ce phénomène. Ils sont effectivement très bavards sur le sujet. Il y a plusieurs néologismes anglais qui expriment ces mauvaises traductions. Nous parlons de Chinglish (Chine, Taïwan et Hong-Kong), Engrish (Japon), Inglisc (Italie), etc. Le problème découle de l’habitude d’être baigné dans un anglais appauvri. On a si bien véhiculé la facilité d’apprentissage de l’anglais et de son omniprésence que, maintenant, tous pensent le parler parfaitement. La réalité est tout autre, on assiste à une diminution du vocabulaire et à l’augmentation des jargons. Sa popularité a participé à son nivèlement par le bas. Un blogueur italien se montre très critique sur le traitement de la traduction en Italie.

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-27

J’adore cuisiner, essayer de nouveaux mets, partir à la recherche de saveurs inconnues et découvrir des recettes. Avez-vous déjà acheté un magnifique livre en cuisine, complètement illisible, car les ingrédients semblaient incongrus et que les quantités étaient en grammes alors que vous parlez en tasses? Merci aux interférences régnant entre la France et le Québec. Pour l’instant, chacun a sa propre terminologie culinaire, incompatible avec celle de l’autre, en raison des croisements de termes. Il y a aussi des différences entre l’Angleterre, l’Australie et les États-Unis.

 

Voici un exemple concret de La cuisine des sept péchés, mésadapté à la culture québécoise.

 

Verrines de tiramisu septième ciel (seulement certains ingrédients)

 

2 jattes

1 plaque à biscuits

1 batteur

1 économe

1 emporte-pièce

papier sulfurisé

Battre des jaunes d’œufs à blanchiment

 

3 œufs

100 g de sucre en poudre

40 g de farine

30 g de fécule

25 g de cacao

30 g de beurre

 

Lors de ma première lecture, je ne comprenais pas la moitié des mots. Pourquoi une jatte, le bol semble trop modeste? Qu'en est-il du papier sulfurisé? Personne à l’épicerie ne saura vous répondre. Par contre, si vous demandez du papier parchemin ou à biscuits, votre épicier pourra vous diriger dans la bonne allée. Il faut dire qu’au Québec, on se contente de blanchir les jaunes d’œufs. Le verbe d’action simplifie la construction lexicale. J’ai quand même réussi mon tiramisu, grâce à la toile. Par contre, ne demandez pas une livre de beurre à un Français.

 

Dans ce problème, la localisation, l’usage et la norme se battent. La localisation demande à ce que le produit soit conçu pour le public cible, mais la norme en cuisine refuse d’utiliser la tasse contre les grammes et les décilitres. L’usage, quant à lui, se ligue avec la localisation. En effet, les grammes sont une notion abstraite, cent grammes de farine contiennent probablement plus de farine que cent grammes de lentilles. Je crois que, dans le domaine culinaire où plusieurs cultures se mélangent, parler en tasses est un avantage. En effet, la tasse porte une notion concrète et elle ne requiert pas de pesée.

 

Un autre problème dans la littérature culinaire : les cuillères. Vous saviez que dire une cuillère à table est un anglicisme, tout le monde parle plutôt de cuillère à soupe. Par contre, la cuillère à thé est aussi un anglicisme, on devrait dire cuillère à café. Au Canada, on boit autant du thé que du café, alors pourquoi devrions-nous bouder la cuillère à thé au profit de celle à café? Mes collègues outre-Atlantique ne me pardonneraient pas, j’en suis certaine, car là-bas, la cuillère à café est très bien implantée.

 

La majorité de nos livres de recettes sont traduits en France. C’est pourquoi, pour vous, chers chefs, je vous suggère ces sites pour les équivalences de termes et la conversion de mesure. C’est très utile en pâtisserie où le sucre en poudre n'est peut-être pas celui auquel vous pensez.

 

Bon appétit! 

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-26

Vous l'aurez deviné par mon titre inspiré du groupe québécois Les Colocs, mon article sera dédié à la recherche d'emploi. N’allez pas croire que je suis une pessimiste! C'est un métier où tout le monde pourra trouver sa place et sa voie.

 

Par contre, j’ai remarqué une tangente parmi mes collègues traducteurs. Ce n’est pas un sondage scientifique, ni probablement un échantillon tangible. Par expérience, les traducteurs qui ont des stages à leur actif semblent entrer beaucoup plus facilement sur le marché du travail, et ce, même s’ils avaient les mêmes notes que les autres étudiants à l’université. Il y a une loi non écrite qui stipule que si vous étudiez en traduction, vous devez absolument faire un stage. Je suis complètement d’accord qu’un nouveau diplômé avec trois stages à son actif comprend mieux les enjeux de la traduction, car il a un avant-gout du métier et des exigences sur le terrain. Malheureusement, certaines universités n’ont pas les effectifs nécessaires pour placer ces étudiants et les entreprises devraient donc prendre en considération cette réalité et accepter d’encourager la relève. Encore une fois, ce ne sont pas toutes les sociétés qui sont au banc des accusés, certaines se font un devoir d’engager de nouveaux diplômés afin de leur donner l’expérience nécessaire.

 

La réalité du traducteur sans stages ressemblera probablement à une suite d’entrevues où on lui demandera pourquoi il n’a pas fait de stages. Il se soumettra à d’innombrables tests d’embauche où, la majorité du temps, on ne daignera pas lui donner ses résultats. Cet étudiant devra se pencher vers la pige afin d'acquérir lentement de l'expérience. Certaines entreprises avoueront que même si les examens sont réussis avec brio, l’expérience du traducteur n’est pas assez grande. Ils tenteront de justifier des salaires de 25 000 $ en expliquant au traducteur que son manque d’expérience coute cher à l’entreprise et qu’ainsi, elle éponge la perte.

 

Personnellement, je crois que le milieu du travail devrait montrer un peu de flexibilité pour les nouveaux traducteurs. Un diplômé sera lent à ses débuts, mais il prendra rapidement de l’assurance et de la vitesse. Si personne ne veut laisser de chance aux débutants, nous aurons un problème dans quelques années, car personne ne pourra répondre à la demande. De plus, les entrevues et les examens divergent selon les entreprises. Il serait utile que celles-ci donnent clairement leurs exigences aux candidats. Si vous me donnez un examen de français et de traduction que je devrai réussir en n’ayant droit à aucun dictionnaire, c’est un peu comme demander à un ébéniste de nous faire une chaise sans d’autres outils que de la corde et ses mains. De plus, c’est la moindre des choses que de remettre une copie de la révision au candidat, même si le service des ressources humaines est débordé. Les gens se sont déplacés, ils ont pris quatre heures de leur temps dans une situation stressante. Les sociétés qui remettent aux candidats leur copie d'examen donnent la chance à ceux-ci de voir leurs erreurs et de s'améliorer. 

 

Le but de ce texte n’est pas de brandir les étendards. Il y a, heureusement, de plus en plus de partenariats qui se forment entre universités et entreprises par les programmes coop. Des initiatives sont prises pour informer les gens du milieu par le biais de blogues et de rencontres entre traducteurs. L’OTTIAQ offre aussi de nombreux services pour favoriser l’arrivée des étudiants sur le marché du travail. Mon but était d’expliquer aux traducteurs en recherche d’emploi qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils finiront par trouver ce qu’ils désirent. 

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-26

J’affectionne la complexité de chaque langue et j’aimerais, d’ici quelques années, en ajouter certaines à mon répertoire oral et, qui sait, peut-être approfondir mon anglais pour le rendre à un niveau de langue maternelle. Malheureusement, ce ne sont pas tous les gens qui ont les mêmes scrupules que moi, et nos amis anglophones, plus que nous dans la francophonie, doivent se battre avec une multitude de personnes qui croient savoir rédiger en anglais parce qu’elles le « parlent ». À cet effet, j’écrirai un article qui démontre le phénomène avec plusieurs sites intéressants, un peu comme la section Pour rire un peu. Parfois, nous serions tentés de nous dire « vaut mieux en rire qu’en pleurer », car les mauvaises traductions participent à l’appauvrissement de la langue, à la banalisation de l’importance d’une bonne rédaction et à la négligence de certains d’engager des traducteurs professionnels.

Bien entendu, il existe plusieurs cabinets de traduction sérieux et plusieurs entreprises qui comprennent qu’une belle image est représentée non seulement par une publicité à grands frais, mais aussi par une communication soignée. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec plusieurs personnes à ce sujet, et cela me faisait chaud au cœur. Ceci étant dit, je passerai donc à un sujet tabou : la coupe des prix dans le monde de la traduction.

 

Malheureusement, c’est une réalité à laquelle se frottent plusieurs pigistes et certains travailleurs dans le domaine du secrétariat. Il suffit de chercher sur les sites d’emplois pour voir nombre d’emplois à dix dollars l’heure qui demandent aux candidats de pouvoir traduire. Je crois qu’une entreprise sérieuse offrira un salaire sérieux. Bien que je trouve ce sujet extrêmement délicat, je crois qu’il est important d’en parler. Notamment avec ce manifeste visant à promouvoir le droit aux traducteurs de vivre de leur métier. Il est divisé en plusieurs onglets, dont resistance, translation fail et respect. Cela peut sembler brutal, mais il est important de se serrer les coudes entre traducteurs. Il existe un site italien qui mentionne certaines pratiques honteuses. Certains sites de pigistes laissent des clients mettre des prix dérisoires et, en plus, demandent au traducteur une commission de 8,75 % à 10 % du contrat pour l’avoir aidé à trouver du travail. Je ne serais pas contre cette politique si le site hôte refusait les offres insultantes.

 

Dans un rapport de 1999, le gouvernement canadien a produit un rapport final fait par le Comité sectoriel de l’industrie canadienne de la traduction. Bien qu’un peu vieux, ce rapport est encore d’actualité. On y mentionne une baisse salariale de 3,6 % entre 1990 et 1995. On explique que la récession de 1991 a peut-être été l’une des causes et que, plusieurs cabinets ayant supprimé des postes de traducteurs permanents, certains traducteurs expérimentés ont décidé d’accepter des salaires moindres. De nos jours, cette récession se fait toujours sentir. Le Comité mentionne que « compte tenu du niveau de scolarisation et du nombre d'années d'expérience moyen des traducteurs, un revenu moyen de 40 570 $ par année est relativement bas pour un traducteur à plein temps » (rapport final du Comité sectoriel, 1999). Le rapport explique que cette situation est causée par la méconnaissance et le manque de valorisation de la profession.

 

Pour ma part, je crois que plusieurs aspects expliquent cette baisse salariale. Tout le monde comprend le phénomène de sous-traitance, et je crois que c’est ce qui fait le plus mal à notre domaine. À force de sous-traiter les contrats, chacun diminue un peu plus son prix, de sorte qu’à la fin de la chaine, il ne reste que des miettes. Il y a aussi certaines personnes sur les sites de pige qui offrent du travail à un prix ridicule, de l’ordre de 0,01 $ le mot et ce qui est contrariant, c’est que des gens acceptent cela. Notamment des gens qui n’ont pas d’éducation en traduction ou qui proviennent de pays où ce genre de prix est normal. Bien entendu, un problème majeur se pose. Il est difficile pour un étudiant sans expérience de se trouver un travail et il est facile d’être tenté d’accepter un salaire minable pour obtenir l’expérience. Sur le coup, la personne croit faire une belle affaire, mais elle se rendra vite compte que son travail ne sera pas révisé et qu’elle aura travaillé énormément pour rien.

 

« Je parle cette langue, donc je sais l’écrire » exprime la dévalorisation du métier. J’ai déjà téléphoné dans un endroit où l’on m’expliquait que mon salaire dépendrait de ma productivité, qu’ils avaient des femmes en congé de maternité et des retraités qui faisaient de la traduction dans leur temps libre. J’étais complètement abasourdie, j’ai donc éduqué la personne en lui mentionnant qu’au Canada, c’était un diplôme universitaire pour la traduction et que le mot à mot n’était pas du tout synonyme de bonne traduction. En tant que langagiers, c’est notre devoir de parler des difficultés du français et d’expliquer le facteur de risque aux futurs clients.

 

Il est de la responsabilité de chacun de promouvoir notre métier et de ne pas baisser ses tarifs. En effet, auriez-vous l’idée de demander à votre plombier une réduction de 20 % de son salaire? Afin de rectifier la situation, il faudrait que la majorité des entreprises acceptent des stagiaires et que les universités déploient un effort pour aider les étudiants.


J’aimerais avoir votre opinion sur mon article, êtes-vous en accord ou en désaccord? Croyez-vous que j’exagère ou qu’effectivement, il faut mettre la main à la pâte pour assurer la relève?

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-02-14

Certains la vénèrent tandis que d’autres l’abhorrent. Pour ma part, la Saint-Valentin était une belle fête qui s’est dégradée au fil des ans pour devenir un évènement commercial qui permet aux fleuristes de survivre. J’entends déjà les protestations et je respecte l’opinion de ceux en désaccord avec moi à ce sujet, je les invite même à me faire part de leur point de vue.

 

Chose certaine, cette fête au cœur de notre hiver ne laisse personne de glace. Chaque année, des tonnes d’articles sont composés pour cette journée et je ne serai pas l’exception. En effet, quelles sont les différentes traditions de la Saint-Valentin? Le 14 février signifie-t-il la fête de l’amour partout dans le monde?


Plus sérieusement, est-ce que la Saint-Valentin a réellement sa place dans un blogue de traduction? En fait, le nom Saint-Valentin n’est pas le même partout dans le monde. En anglais, on parle de Valentine’s Day, donc on oublie le titre « saint ». En Chine, la fête des amoureux n’est pas le 14 février et ne porte pas ce nom à l’origine. Il est alors intéressant de se demander en tant que traducteur si nous traduisons de façon sourcière en parlant de la nuit du septième mois ou de manière cibliste en écrivant Saint-Valentin chinoise. Le problème avec Saint-Valentin chinoise est qu’il occidentalise une fête orientale. Par contre, ce terme est clair et facilite la compréhension du lecteur.

 

Certains devaient déjà s’en douter, mais divers endroits sur la planète n’associent pas le 14 février à la fête des amoureux. Au Brésil, on célèbre Saint-Antoine, le protecteur des amoureux, le 12 juin. C’est littéralement la journée des amoureux (Dia dos Namorados). Saint-Antoine prêtait mainforte aux femmes célibataires à la recherche d’un époux. Du point de vue de l’écriture, on introduirait un faux-sens en écrivant Saint-Valentin brésilienne, car ce n’est pas le même saint qui est célébré. On pourrait être tenté d’écrire la Saint-Antoine pour calquer le français. Pour ma part, j’aime bien la traduction littérale, car la Saint-Valentin est aussi connue sous fête des amoureux.

 

En Colombie, on fête la troisième fin de semaine du mois de septembre et intègre l’amitié à l’évènement. On ne célèbre pas de saints, simplement l’amour et l’amitié comme l’indique son nom : el día del amor y la amistad.

 

En Chine, on fête plutôt durant le septième jour du septième mois lunaire du calendrier chinois. Cette année, ce sera le 23 aout de notre calendrier. Anciennement, les jeunes filles devaient subir plusieurs épreuves pour montrer leurs qualités et elles priaient afin d’augmenter leur intelligence et leur chance de trouver un époux. Il y a différentes graphies : Qīxī(七夕, la nuit du septième mois) ou qǐqiǎo jié (乞巧节, La Fête où les jeunes filles montrent leurs compétences domestiques). De nos jours, on parle plutôt de Saint-Valentin chinoise, car les jeunes filles n’ont plus vraiment d’épreuves à subir.

 

Certaines traditions de la fête des amoureux divergent d’un pays à l’autre. On retrouve le chocolat dans plusieurs cultures ainsi que les petits mots doux, preuve intangible que l’écriture possède ce côté mystérieux qui permet de toucher directement l’âme des gens.

 

Les Italiens marient bien le chocolat et les petits mots doux. L’un des présents les plus populaires consiste à donner un petit chocolat recouvert de noisettes avec un mot doux caché à l’intérieur.

 

En Grande-Bretagne, l’écriture des poèmes est l’une des grandes traditions de la Saint-Valentin. Des semaines avant, les journaux et magazines publient des vers et des sonnets d’amour spécialement pour le 14 février. Cette tradition vient des poètes de Grande-Bretagne, réputés pour être les meilleurs auteurs de poèmes sur le prêtre Valentin.

 

Les giri choko, ou chocolats d’obligation, sont donnés aux hommes par les Japonaises durant le 14 février. Ensuite, le 14 mars, c’est le White Day. Les hommes doivent offrir en retour un cadeau aux femmes qui leur avaient offert les fameux chocolats.

 

Les Coréens observent la même coutume que les Japonais, cependant, à l’instar des autres peuples, ils ont une journée spéciale pour les célibataires. Le 14 avril, c’est le « jour noir ». Il est dit que les célibataires se rencontrent et mangent des nouilles noires.

 

Certains pays du Moyen Orient n’ont pas de journée comme la Saint-Valentin, voyant d’un mauvais œil les pratiques occidentales.

 

Par contre, si vous voulez mon avis, je crois que le gagnant est le Pérou, car ils ont fait du 14 février une journée fériée!

 

Sur ce, je vous souhaite une joyeuse Saint-Valentin!

 

Marie Eve Levesque
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Published by le.maeve@gmail.com on 2012-02-09

Quel est donc ce mot qui nous cause certains maux sous la pression? Je gage que vous n’y pensez jamais, car c’est un mot simple que nous utilisons la plupart du temps dans le domaine de l’environnement. Bien sûr, il s’agit du mot puits!

 

Cette « cavité circulaire, profonde et étroite, à parois maçonnées, pratiquée dans le sol pour atteindre une nappe d’eau souterraine », selon Le Robert, signifie bien le trou creusé dans la terre pour amasser de l’eau. Prenez garde cependant, car si vous cherchez un puit, vous ne le trouverez probablement jamais, disparu entre puissant et puits.

 

C’est bien amusant tout ça, mais quelle est la raison de ce s?

 

Encore une fois, nous pouvons mettre le latin au banc des accusés. Ce terme s’écrivait puz en 1112, pour évoluer en puiz autour de 1120 et prendre la forme puis en 1131; il vient du latin puteus (trou, fosse). La voyelle est due à un développement anormal qui s’explique probablement par l’influence du francique putti, restitué par l’ancien haut allemand putti (d’où l'allemand Pfütze  « bourbier, mare »), lui-même emprunté au latin. Donc, puits serait issu d’une forme hybride créée par le bilinguisme de la France du Nord après l’invasion des Francs. On suppose que la graphie actuelle avec un t étymologique est réintroduite afin d’éviter l’homographie avec le marqueur de relation puis.

 

J’ai trouvé ma réponse sur un petit site amusant qui est en fait le site de la bibliothèque municipale de Lyon en France. L’établissement propose aux usagers d’écrire leurs questions et une bibliothécaire leur offre une réponse en 72 heures. Un moyen dynamique pour intéresser les jeunes et les moins jeunes à la lecture!

 

Le but de ce texte était de vous faire découvrir un site intéressant et agréable à lire durant vos temps libres. Il y aura probablement aussi des chroniques traitant de l'origine de certaines de nos expressions idiomatiques. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires!