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Marie Eve Levesque

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Bon Dieu, donne-moi un emploi

Published by le.maeve@gmail.com on 2012-03-26

Vous l'aurez deviné par mon titre inspiré du groupe québécois Les Colocs, mon article sera dédié à la recherche d'emploi. N’allez pas croire que je suis une pessimiste! C'est un métier où tout le monde pourra trouver sa place et sa voie.

 

Par contre, j’ai remarqué une tangente parmi mes collègues traducteurs. Ce n’est pas un sondage scientifique, ni probablement un échantillon tangible. Par expérience, les traducteurs qui ont des stages à leur actif semblent entrer beaucoup plus facilement sur le marché du travail, et ce, même s’ils avaient les mêmes notes que les autres étudiants à l’université. Il y a une loi non écrite qui stipule que si vous étudiez en traduction, vous devez absolument faire un stage. Je suis complètement d’accord qu’un nouveau diplômé avec trois stages à son actif comprend mieux les enjeux de la traduction, car il a un avant-gout du métier et des exigences sur le terrain. Malheureusement, certaines universités n’ont pas les effectifs nécessaires pour placer ces étudiants et les entreprises devraient donc prendre en considération cette réalité et accepter d’encourager la relève. Encore une fois, ce ne sont pas toutes les sociétés qui sont au banc des accusés, certaines se font un devoir d’engager de nouveaux diplômés afin de leur donner l’expérience nécessaire.

 

La réalité du traducteur sans stages ressemblera probablement à une suite d’entrevues où on lui demandera pourquoi il n’a pas fait de stages. Il se soumettra à d’innombrables tests d’embauche où, la majorité du temps, on ne daignera pas lui donner ses résultats. Cet étudiant devra se pencher vers la pige afin d'acquérir lentement de l'expérience. Certaines entreprises avoueront que même si les examens sont réussis avec brio, l’expérience du traducteur n’est pas assez grande. Ils tenteront de justifier des salaires de 25 000 $ en expliquant au traducteur que son manque d’expérience coute cher à l’entreprise et qu’ainsi, elle éponge la perte.

 

Personnellement, je crois que le milieu du travail devrait montrer un peu de flexibilité pour les nouveaux traducteurs. Un diplômé sera lent à ses débuts, mais il prendra rapidement de l’assurance et de la vitesse. Si personne ne veut laisser de chance aux débutants, nous aurons un problème dans quelques années, car personne ne pourra répondre à la demande. De plus, les entrevues et les examens divergent selon les entreprises. Il serait utile que celles-ci donnent clairement leurs exigences aux candidats. Si vous me donnez un examen de français et de traduction que je devrai réussir en n’ayant droit à aucun dictionnaire, c’est un peu comme demander à un ébéniste de nous faire une chaise sans d’autres outils que de la corde et ses mains. De plus, c’est la moindre des choses que de remettre une copie de la révision au candidat, même si le service des ressources humaines est débordé. Les gens se sont déplacés, ils ont pris quatre heures de leur temps dans une situation stressante. Les sociétés qui remettent aux candidats leur copie d'examen donnent la chance à ceux-ci de voir leurs erreurs et de s'améliorer. 

 

Le but de ce texte n’est pas de brandir les étendards. Il y a, heureusement, de plus en plus de partenariats qui se forment entre universités et entreprises par les programmes coop. Des initiatives sont prises pour informer les gens du milieu par le biais de blogues et de rencontres entre traducteurs. L’OTTIAQ offre aussi de nombreux services pour favoriser l’arrivée des étudiants sur le marché du travail. Mon but était d’expliquer aux traducteurs en recherche d’emploi qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils finiront par trouver ce qu’ils désirent.