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Julian Zapata Rojas

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Parlons de paralangagiers qui parlent

Published by Jzapa026@uottawa.ca on 2012-02-07

J’ai fini par dépenser ce petit budget que j’avais mis de côté pour le jour où j’allais rencontrer personnellement un perroquet professionnel. Finalement, les évènements ne se sont pas déroulés comme je l’avais prévu. La même semaine où j’ai publié mon billet sur cette profession langagière émergente, j’avais dans ma boite de courriel une invitation à participer à un atelier sur le sous-titrage vocal avec reconnaissance vocale. Je n’ai pas hésité à m’y inscrire : j’allais avoir la chance de voyager et de rencontrer l’expert mondial dans le domaine. J’ai pris mon envol vers la capitale britannique.

 

Nous étions six ou sept, pas plus, à suivre cet atelier d’une journée dans le laboratoire de traduction du Imperial College à Londres. Certes, avec une journée de cours on ne devient pas sous-titreur vocal professionnel. Mais cette substantielle introduction m’a servi pour expérimenter la complexité du travail du perroquet et pour voir comment cette profession est d’abord une terre fertile pour la recherche dans d’autres domaines tels que l’enseignement de langues, la psycholinguistique, la traduction et l’interprétation.

 

Le professionnel du sous-titrage simultané possède une grande sensibilité linguistique et des aptitudes remarquables en informatique et en télécommunications. Plus que simplement répéter ce qu’il entend, il maitrise une panoplie de notions et d’outils lui permettant de rendre un service linguistique de qualité.

 

Entre autres, j’ai trouvé que le profil du sous-titreur vocal évoque celui du paralangagier, une autre profession langagière émergente mise sur pied chez nous, née du besoin de renforcer le secteur langagier au Canada.  Au terme d'une importante consultation qu'a menée le secteur langagier auprès des acteurs du domaine de la traduction, d'une recension d'études portant sur le sujet, ainsi que d'un sondage auprès des principaux employeurs du secteur, plusieurs établissements d’enseignement canadiens ont élaboré en collaboration un programme visant à former des paralangagiers.

 

Le fournisseur de services paralangagiers est un professionnel de la langue jouant un rôle essentiel dans le flux de travail des services de traduction dans les secteurs privé et public. Son travail ne relève pas du transfert interlinguistique proprement dit, mais consiste à soutenir les traducteurs dans la préproduction et la postproduction des traductions, participant ainsi à l’assurance de la qualité totale du produit fini. Les paralangagiers maitrisent également les notions linguistiques et les outils de traductique et connaissent les différentes stratégies pour la recherche documentaire et pour la gestion terminologique.

 

Le sous-titreur vocal (en anglais, respeaker) ne ressemble pas au paralangagier uniquement parce que c’est un professionnel de la langue maitrisant des outils informatiques. Les deux se ressemblent parce qu’ils effectuent des tâches langagières périphériques dans la chaine de la communication, dont la transcription de la langue parlée.

 

Vous voyez probablement déjà le lien entre le titre de ce billet et mon propos. Si les paralangagiers s’occupent de toutes les tâches périphériques de préproduction et de postproduction dans un contrat de traduction donné, il sera également de leur devoir d’apprendre à utiliser de façon optimale les outils de reconnaissance vocale pour reparler et éditer les textes d’arrivée, dictés par des traducteurs professionnels. 

 

Julian Zapata Rojas