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Équipe de LinguisTech
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Bonjour, je vous invite à lire cet article sur la TÉLUQ qui parle entre autres, du défi que représente l’évaluation des compétences langagières lors des processus de recrutement de candidats en entreprise. Vraiment enrichissant!

 

http://www.lesaffaires.com/dossier/industrie-de-la-langue/evaluer-le-langage-des-travailleurs-le-defi-quotidien-de-la-teluq-/57086

 

Katia Brien-Simard
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Lorsque je suis allée au centre commercial pour faire photographier mon fils avec le Père Noël, une affiche indiquait la venue prochaine des « pentins du Père Noël ». Consternée, je m’adresse à la personne qui se trouve à l’accueil pour lui faire remarquer qu’il devrait plutôt être écrit pantins. La mine déconfite, l’homme me rétorque que ce sont bel et bien des pentins, et que puisqu’ils sont spéciaux, la graphie du mot l’est elle aussi. Puis, de se tourner vers sa collègue en lui demandant, de façon très audible, de corriger le tir! Situation suivie de la fameuse tirade sur la complexité de la langue française. « Pourquoi les mots ne sont-ils pas toujours écrits de la façon dont ils sont prononcés?  Pourquoi doit-on écrire doigt, alors qu’on ne prononce pas le g? », me demande-t-il, l’air exaspéré.

 

Eh bien, mon cher monsieur, j’ai envie de vous répondre que ces lettres, tout comme les signes diacritiques, nous permettent de distinguer des concepts lorsque nous lisons des mots et/ou les prononçons, mais surtout que cela fait partie du précieux héritage des langues d’origine latine et que ces complexités témoignent de la richesse culturelle du français.

 

Un petit survol historique nous permettra de mieux comprendre ces traces laissées par les conquêtes, les invasions et les contaminations linguistiques, car « le français s’est tout au long de son histoire enrichi des diverses langues avec lesquelles il a été en contact »1.

 

Lettres muettes

L’ancien français a profondément modifié la langue, même si de nombreux signes graphiques sont demeurés. Par exemple, entre les XIe et XIIIe siècles, « les diphtongues et les triphtongues se simplifient, soit par réduction à une voyelle simple ... ou à une voyelle précédée d’une semi-consonne »2. Ainsi, à un certain moment uø devient ø, comme dans : bœuf, œuf, cœur et vœu.

 

Dans le cas du mot doigt, il faut savoir que terme vient du latin populaire ditus, soit digitus, qui signifiait « doigt de la main, du pied » en latin classique. On comprend dès lors mieux que le g soit resté. Cela nous permet également de ne pas le confondre avec le verbe devoir, à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent.   

 

Un mot comme automne vient d’un emprunt tardif au latin autumnus. Aulne est issu du lat. alnus,qui serait entré en contact avec alisa, utilisé dans les régions de la Meuse, de l’Escaut et du cours supérieur du Rhin3. Cela expliquerait la forme d’ancien français ausne. On aurait donc maintenu la graphie de l’un et la prononciation de l’autre.

 

Le mot grand vient du fonds primitif issu du latin classique grandis, d’où le maintien du « d » muet. Notons que la lettre « t » a également été utilisée au fil des siècles. Le mot août provient du latin augustus, en l’honneur de l’empereur Auguste, qui serait devenu en bas latin agustus au Ve siècle, puis aüst (aost), (d’où le maintien du « a », et même parfois de sa prononciation). Le mot coup est pour sa part issu du latin populaire colpus, « action de frapper »; du grec ancien kolaphos, « soufflet », d’où le maintien du « p ».

 

Signes diacritiques

Comme l’origine grecque du mot (diakritikos : qui distingue) l’indique, les signes diacritiques sont des « signes graphiques (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes »4. Par exemple, en ajoutant un tréma, la conjonction de coordination « mais » devient le substantif « maïs ».

 

Emprunts

Notre langue regorge d’emprunts aux langues avec lesquelles elles ont cohabité. Par exemple, le mot ananas est un emprunt au tupi-guarani, langue indienne du Brésil, a (arbre) et nana (parfumé). Caoutchouc vient pour sa part du maya caa (arbre) o chu (qui pleure).

 

De nombreux autres emprunts ont été faits aux langues autochtones, mais également à d’autres langues, dont l’anglais, l’arabe, l’espagnol, le grec, l’hébreu, l’italien, le portugais, les langues germaniques et scandinaves. Je vous invite à visiter le Portail linguistique du Canada pour en connaitre davantage sur l’origine de certains emprunts.

 

 

Bref, chaque particularité de la langue comporte une explication sociohistorique et il est intéressant de s’y pencher. Cela nous permet de mieux comprendre notre culture et de percevoir positivement ce que l’on considère trop souvent comme des complexités.

 


1 HUCHON, Mireille, Histoire de la langue française, Le livre de Poche, collection INÉDIT Littérature, Librairie Générale Française, 2002, p.282.

2 Ibid., p. 72.

3 http://www.cnrtl.fr/etymologie/aulne

4 Le Petit Robert 2011, Dictionnaires Le Robert, p.729.

 

Martine Yeo
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Un autre article et entretien avec Jean-François Ménard.

http://litterature.jeunesse.over-blog.com/article-un-traducteur-jean-francois-menard-64767442.html(external link)

 
Je vous invite tout particulièrement à regarder la vidéo de l’entretien. M. Ménard parle, entre autres, de son approche et de ses choix de traduction. Vraiment enrichissant !

http://www.wat.tv/video/montage-trad-harry-potter-esxs_2f1rz_.html(external link)

Martine Yeo
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Voici un entretien avec Jean-François Ménard, le traducteur qui s’est chargé de la traduction en français des 7 tomes de la série des Harry Potter. Très intéressant…

 
http://jeunesse.actualitte.com/personnalites/revelations-de-j-k-rowling-ce-qu-en-pense-le-traducteur-francais-711.htm(external link)

Martine Yeo
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La semaine dernière, j’ai publié un article du Dr François Grosjean qui m’avait vivement intéressée concernant la façon dont le cerveau d’une personne bilingue organise et traite les langues.

 

Cette semaine, fidèle à ma passion pour la médecine, je suis tombée sur plusieurs articles concernant une importante étude menée par Dre Suvarna Alladi et coll. Publiée le 6 novembre 2013, cette étude révèle que l’apprentissage et la pratique d’une deuxième langue retarderaient d’environ 4 ans et demi l’apparition de plusieurs formes de démence, dont la maladie d’Alzheimer, chez les personnes âgées.

 

Voir la suite de l'article

 

 

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