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Katia Brien-Simard
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Lorsque je suis allée au centre commercial pour faire photographier mon fils avec le Père Noël, une affiche indiquait la venue prochaine des « pentins du Père Noël ». Consternée, je m’adresse à la personne qui se trouve à l’accueil pour lui faire remarquer qu’il devrait plutôt être écrit pantins. La mine déconfite, l’homme me rétorque que ce sont bel et bien des pentins, et que puisqu’ils sont spéciaux, la graphie du mot l’est elle aussi. Puis, de se tourner vers sa collègue en lui demandant, de façon très audible, de corriger le tir! Situation suivie de la fameuse tirade sur la complexité de la langue française. « Pourquoi les mots ne sont-ils pas toujours écrits de la façon dont ils sont prononcés?  Pourquoi doit-on écrire doigt, alors qu’on ne prononce pas le g? », me demande-t-il, l’air exaspéré.

 

Eh bien, mon cher monsieur, j’ai envie de vous répondre que ces lettres, tout comme les signes diacritiques, nous permettent de distinguer des concepts lorsque nous lisons des mots et/ou les prononçons, mais surtout que cela fait partie du précieux héritage des langues d’origine latine et que ces complexités témoignent de la richesse culturelle du français.

 

Un petit survol historique nous permettra de mieux comprendre ces traces laissées par les conquêtes, les invasions et les contaminations linguistiques, car « le français s’est tout au long de son histoire enrichi des diverses langues avec lesquelles il a été en contact »1.

 

Lettres muettes

L’ancien français a profondément modifié la langue, même si de nombreux signes graphiques sont demeurés. Par exemple, entre les XIe et XIIIe siècles, « les diphtongues et les triphtongues se simplifient, soit par réduction à une voyelle simple ... ou à une voyelle précédée d’une semi-consonne »2. Ainsi, à un certain moment uø devient ø, comme dans : bœuf, œuf, cœur et vœu.

 

Dans le cas du mot doigt, il faut savoir que terme vient du latin populaire ditus, soit digitus, qui signifiait « doigt de la main, du pied » en latin classique. On comprend dès lors mieux que le g soit resté. Cela nous permet également de ne pas le confondre avec le verbe devoir, à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent.   

 

Un mot comme automne vient d’un emprunt tardif au latin autumnus. Aulne est issu du lat. alnus,qui serait entré en contact avec alisa, utilisé dans les régions de la Meuse, de l’Escaut et du cours supérieur du Rhin3. Cela expliquerait la forme d’ancien français ausne. On aurait donc maintenu la graphie de l’un et la prononciation de l’autre.

 

Le mot grand vient du fonds primitif issu du latin classique grandis, d’où le maintien du « d » muet. Notons que la lettre « t » a également été utilisée au fil des siècles. Le mot août provient du latin augustus, en l’honneur de l’empereur Auguste, qui serait devenu en bas latin agustus au Ve siècle, puis aüst (aost), (d’où le maintien du « a », et même parfois de sa prononciation). Le mot coup est pour sa part issu du latin populaire colpus, « action de frapper »; du grec ancien kolaphos, « soufflet », d’où le maintien du « p ».

 

Signes diacritiques

Comme l’origine grecque du mot (diakritikos : qui distingue) l’indique, les signes diacritiques sont des « signes graphiques (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes »4. Par exemple, en ajoutant un tréma, la conjonction de coordination « mais » devient le substantif « maïs ».

 

Emprunts

Notre langue regorge d’emprunts aux langues avec lesquelles elles ont cohabité. Par exemple, le mot ananas est un emprunt au tupi-guarani, langue indienne du Brésil, a (arbre) et nana (parfumé). Caoutchouc vient pour sa part du maya caa (arbre) o chu (qui pleure).

 

De nombreux autres emprunts ont été faits aux langues autochtones, mais également à d’autres langues, dont l’anglais, l’arabe, l’espagnol, le grec, l’hébreu, l’italien, le portugais, les langues germaniques et scandinaves. Je vous invite à visiter le Portail linguistique du Canada pour en connaitre davantage sur l’origine de certains emprunts.

 

 

Bref, chaque particularité de la langue comporte une explication sociohistorique et il est intéressant de s’y pencher. Cela nous permet de mieux comprendre notre culture et de percevoir positivement ce que l’on considère trop souvent comme des complexités.

 


1 HUCHON, Mireille, Histoire de la langue française, Le livre de Poche, collection INÉDIT Littérature, Librairie Générale Française, 2002, p.282.

2 Ibid., p. 72.

3 http://www.cnrtl.fr/etymologie/aulne

4 Le Petit Robert 2011, Dictionnaires Le Robert, p.729.

 

Martine Yeo
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Un autre article et entretien avec Jean-François Ménard.

http://litterature.jeunesse.over-blog.com/article-un-traducteur-jean-francois-menard-64767442.html(external link)

 
Je vous invite tout particulièrement à regarder la vidéo de l’entretien. M. Ménard parle, entre autres, de son approche et de ses choix de traduction. Vraiment enrichissant !

http://www.wat.tv/video/montage-trad-harry-potter-esxs_2f1rz_.html(external link)

Martine Yeo
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Voici un entretien avec Jean-François Ménard, le traducteur qui s’est chargé de la traduction en français des 7 tomes de la série des Harry Potter. Très intéressant…

 
http://jeunesse.actualitte.com/personnalites/revelations-de-j-k-rowling-ce-qu-en-pense-le-traducteur-francais-711.htm(external link)

Martine Yeo
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La semaine dernière, j’ai publié un article du Dr François Grosjean qui m’avait vivement intéressée concernant la façon dont le cerveau d’une personne bilingue organise et traite les langues.

 

Cette semaine, fidèle à ma passion pour la médecine, je suis tombée sur plusieurs articles concernant une importante étude menée par Dre Suvarna Alladi et coll. Publiée le 6 novembre 2013, cette étude révèle que l’apprentissage et la pratique d’une deuxième langue retarderaient d’environ 4 ans et demi l’apparition de plusieurs formes de démence, dont la maladie d’Alzheimer, chez les personnes âgées.

 

Voir la suite de l'article

 

Charles Danten
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Le métier de traducteur est exigeant physiquement et mentalement. Suivre le rythme n’est pas toujours facile. La qualité peut en souffrir si ce n’est la santé. Certes, les gestes répétitifs conduisent aux blessures et aux maladies occupationnelles, mais ce ne sont pas les seuls responsables, la position assise en soi pose également problème, de gros problèmes. Dans une étude épidémiologique récente, de grande envergure, publiée dans le British Medical Journal, les chercheurs l’ont en effet associée à une baisse de longévité d’environ deux ans. Le cancer, le diabète, l’obésité et les accidents cardiovasculaires en sont la cause. Une autre étude américaine le confirme : rester assis devant un écran, jour après jour, pour plus de cinq heures par jour, augmente de 34 % le risque d’être victime d’insuffisance cardiaque. Or, en connaissez-vous beaucoup des traducteurs qui passent moins de cinq heures par jour assis devant leur écran?

 

Pour éviter les blessures et la fatigue, une bonne posture de travail est fondamentale, mais pour prendre en compte ces nouvelles données sur les dangers de la position assise, rester debout le plus souvent possible est aussi important sinon plus. Dans les magasins spécialisés en ergonomie, il est possible désormais d’acheter des tablettes ajustables qui se lèvent avec une simple manette. Parlez-en à votre employeur, demandez-lui de vous acheter ce genre d’équipement. Vous avez un droit de refus. Qu'attendez-vous pour le faire valoir? C’est une question de vie ou de mort, et le mot n’est pas trop fort. On peut aussi se mettre debout, systématiquement, toutes les heures, par exemple, pour s’étirer les jambes et favoriser la circulation. Un simple minuteur suffit. C’est beaucoup moins cher et tout aussi efficace.

 

Moi, par exemple, je passe systématiquement d’une position à l’autre. Je me suis construit un pupitre à bonne hauteur que j’utilise avec mon ordinateur portable lorsque je veux travailler debout. Pour me forcer à me lever et à bouger régulièrement, j’ai même placé tous mes dictionnaires à l’autre bout de la pièce, loin de mon bureau. À force, j’ai même développé une préférence pour la position debout. J’évite comme la peste, la position assise qui n’est pas naturelle. Nous sommes faits pour bouger. Dans la savane africaine où nous avons vécu pendant des millions d’années comme des nomades-cueilleurs-chasseurs, nous étions toujours en mouvement. L’activité physique est indispensable, aussi indispensable que l’oxygène, l’eau et une bonne alimentation. Dans les autobus et le métro, je m’assois rarement, et j’évite, en général, dans les limites du raisonnable, les escaliers roulants et les ascenseurs qui ne sont pas un bien pour les gens en bonne santé, mais un fléau. Je fais mes courses à pied dans mon quartier, au jour le jour, cela évite aussi le gaspillage. L’auto est un autre poison à éviter, un poison lent qui vous consume à petit feu en vidant votre compte en banque tout en détruisant la planète, non seulement par ses émissions à effets de serre, mais par sa fabrication. Saviez-vous qu’une très grande quantité d’eau potable est gaspillée pour fabriquer le métal dont elles sont faites? C’est une bonne idée par conséquent d’habiter à distance de marche de son bureau et de voyager par les transports en commun.

 

Avoir du travail est une bénédiction, mais en avoir trop ou pas assez, voire travailler dans des conditions indignes, est le chemin le plus court vers l’épuisement professionnel. La prévention a bien meilleur gout. Ne pas se laisser faire, s’entraider, dénoncer publiquement les exploiteurs, préférer la qualité à la quantité, facturer selon les normes du milieu, traduire dans son domaine, ne pas se laisser bousculer par des délais impossibles, bien planifier son temps, travailler dans une pièce réservée à cette fin, vivre selon ses moyens, se réserver des plages de repos, apprendre à relaxer, pratiquer des activités en dehors de son travail, faire de l’exercice physique régulièrement, bien manger et dormir, voir ses amis sont des moyens éprouvés de résistance.

 

Dans sa maison de Guernesey où il était en exil pour avoir dénoncé les abus de la classe politique et économique de son pays, Victor Hugo écrivait debout sur un pupitre face à la mer. Les misérables, un hymne à la misère et aux plus démunis, l’un des romans les plus célèbres de l’histoire est l’œuvre d’une personne qui se tenait debout… dans tous les sens du terme.

 

Faisons comme lui, restons debout.

 

Charles Danten

 

 

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