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CAPSULE LINGUISTIQUE

 


 

ANACOLUTHE

 


 

Qu’est-ce que l’anacoluthe?

 

L’anacoluthe est une rupture dans la construction d’une phrase. Elle est formée de deux parties de phrase qui sont syntaxiquement correctes, mais dont la séquence donne une phrase syntaxiquement anormale ou déviante. Le rédacteur commence une phrase en fonction d’une structure et la finit selon une autre structure.

 

Il existe plusieurs cas d’anacoluthe. Les plus fréquents sont les suivants :

 

  1. Absence de sujets là où c’est nécessaire (dans une propositionUne proposition est un syntagme (groupe de mots qui se suivent et forment un sens) qui comprend un sujet et un verbe. Il existe plusieurs types de proposition.

    Tout d’abord, il y a la proposition indépendante ou autonome qui ne comprend qu’un sujet et un verbe.
    Exemple : Il est allé à la plage (sujet : Il; verbe : est allé).

    Lorsqu’une phrase comprend plus d’un sujet et plus d’un verbe, on parle de phrase complexe. Cette dernière se compose d’une proposition principale (qui est accompagnée d’une ou de propositions subordonnées) et d’une proposition subordonnée.
    Il existe plusieurs types de propositions subordonnées : 1. Une proposition relative est une proposition qui commence par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel, laquelle, etc.).
    Exemple : Le manteau que je veux est en solde (« que je veux » est la proposition relative; « Le manteau est en solde » est la proposition principale).
    2. Une proposition participiale est une proposition qui contient un verbe conjugué au participe présent ou au participe passé.
    Exemple : En vendant leur maison, ces retraités ont fait un énorme profit (« En vendant leur maison » est la proposition participiale formée d’un participe présent; « ces retraités ont fait un énorme profit »).
    Exemple : Vêtue d’une robe noire, elle se dirigea vers la scène (« Vêtue d’une robe noire » est la proposition participiale formée d’un participe passé; « elle se dirigea vers la scène » est la proposition principale »).
    3. Une proposition infinitive contient un verbe à l’infinitif.
    Exemple : Il gagne beaucoup d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille (« pour subvenir aux besoins de sa famille » est la proposition infinitive; « Il gagne beaucoup d’argent » est la proposition principale.
    participiale – comprenant un verbe conjugué au participe présent ou au participe passé – ou dans une proposition infinitive – comprenant un verbe à l’infinitif).

    • Exemples :
      En jouant seule avec sa poupée, les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie (proposition participiale – comprenant un verbe conjugué au participe présent).
      Assis confortablement sur leur siège, leur mère démarra la voiture (proposition participiale – comprenant un verbe conjugué au participe passé).
      Pour connaitre le solde de son compte, le préposé demande au client de composer son numéro d’accès (proposition infinitive – comprenant un verbe à l’infinitif).
  2. Coordination d’éléments à régimeDans le Dictionnaire de linguistique (Dubois & al., 2001), on définit le « régime » comme un mot ou une suite de mots (noms ou pronoms) qui dépend grammaticalement d’un autre mot de la phrase.
    Par exemple, on dira que dans la phrase « Pierre lit le journal », « le journal », complément d’objet, est le régime de « lit ».
    différent (zeugme).

    • Exemples :

      Pierre veut voir et parler à Marie (coordination de verbes à régime différent – dont le type de complémentLes verbes transitifs directs introduisent un complément direct (nous pouvons répondre aux questions « qui? » ou « quoi? » après le verbe.
      Exemple : Elle mange une pomme – Elle mange « quoi? » une pomme = « mange » est donc un verbe transitif direct dans cette phrase.)

      Les verbes transitifs indirects introduisent un complément indirect (nous pouvons répondre aux questions « à qui? », « à quoi? », « de qui? », « de quoi? » après le verbe.
      Exemple : Il parle à son père – Il parle « à qui? » à son père = « parle » est donc un verbe transitif indirect dans cette phrase.)

      Les verbes intransitifs n’admettent pas de complément direct ni de complément indirect, seulement des compléments circonstanciels – ou compléments de phrase selon la terminologie de la nouvelle grammaire (nous pouvons répondre aux questions « quand? », « comment? », « où? », « pourquoi? » après le verbe.
      Exemple : Il est arrivé à 20 h – Il est arrivé « quand? » à 20 h = « est arrivé » est donc un verbe intransitif dans cette phrase.)
      est différent).
      Habilité et pressé d’administrer le médicament au patient, l’infirmier a commis une erreur impardonnable (coordination d’adjectifs qualificatifs à régime différent – dont le type de complément est différent).
  3. L’apposition qui ne précède ni ne suit directement le mot auquel il se rapporte.

    • Exemple :

À la fois resplendissante et émerveillée, son père était si fier d’elle.

 

 

Reprenons maintenant chacun des exemples fautifs pour expliquer en détail l’erreur de chacun d’eux et les corriger.

 

A. Anacoluthe présente dans une proposition participiale (comprenant un participe présent)

 

En jouant seule avec sa poupée, les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie.

 

Cette phrase est fautive parce que la proposition participiale « en jouant seule avec sa poupée » et la proposition principale « les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie » n’ont pas le même sujet et que le sujet n’est pas mentionné dans la proposition participiale, soit celle en début de phrase. En effet, le sujet sous-entendu de la proposition participiale « En jouant seule avec sa poupée » est « la petite fille », tandis que le sujet de la proposition principale « les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie » est « les autres enfants ».

 

Il existe quelques façons de corriger ce type d’erreur, dont les trois suivantes :

 

  1. Mentionner de façon explicite le sujet dans la proposition participiale parce que le sujet est différent de la proposition principale.

    • Correction : Comme Sara jouait seule avec sa poupée, les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie.
  2. Transformer la proposition subordonnée participiale de façon à ce que le sujet fasse référence à « les autres enfants ».

    • Correction : Lorsqu’ils ont vu Sara jouer seule avec sa poupée, les autres enfants se sont approchés d’elle pour lui tenir compagnie.
  3. Transformer la proposition principale, de sorte que le sujet soit le même que celui sous‑entendu dans la proposition principale, soit « Sara ».

    • Correction : En jouant seule avec sa poupée, Sara pensait à sa petite sœur qui était à l’hôpital en ce moment. (Quel est le sujet de « jouant »? = Sara (sujet sous-entendu). La phrase est correcte parce que le sujet est le même dans les deux propositions.)

 

B. Anacoluthe présente dans une proposition participiale (comprenant un participe passé)

 

Assis confortablement sur leur siège, leur mère démarra la voiture.

 

Cette phrase est fautive parce que la subordonnée participiale « assis confortablement sur leur siège » et la proposition principale « leur mère démarra la voiture » n’ont pas le même sujet et que le sujet n’est pas mentionné dans la proposition participiale, soit celle en début de phrase. En effet, le sujet sous-entendu de la proposition participiale « assis confortablement sur leur siège » est « les enfants », tandis que le sujet de la proposition principale « leur mère démarra la voiture » est « leur mère ».

 

Il existe quelques façons de corriger ce type d’erreur, dont les trois suivantes :

 

  1. Mentionner de façon explicite le sujet dans la proposition participiale parce que le sujet est différent de la proposition principale.

    • Correction : Une fois que les enfants furent confortablement assis sur leur siège, leur mère démarra la voiture.
  2. Transformer la proposition subordonnée participiale de façon à ce que le sujet fasse référence à « leur mère ».

    • Correction : Après que la mère eût vu ses enfants confortablement assis sur leur siège, elle démarra la voiture.
  3. Transformer la proposition principale, de sorte que le sujet soit le même que celui sous‑entendu dans la proposition participiale.

    • Correction : Une fois confortablement assis sur leur siège, les enfants virent leur mère démarrer la voiture. (Quel est le sujet de « assis »? = les enfants (sujet sous-entendu). La phrase est correcte parce que le sujet est le même dans les deux propositions.)

 

C. Anacoluthe présente dans une proposition infinitive (comprenant un verbe à l’infinitif)

 

Pour connaitre le solde de son compte, le préposé demande au client de composer son numéro d’accès.

 

Cette phrase est fautive parce que la proposition infinitive « pour connaitre le solde de son compte » et la proposition principale « le préposé demande au client de composer son numéro d’accès » n’ont pas le même sujet et que le sujet n’est pas mentionné dans la proposition infinitive. En effet, le sujet sous-entendu de la proposition infinitive « pour connaitre le solde de son compte » est « client », tandis que le sujet de la proposition principale « le préposé demande au client de composer son numéro d’accès » est « le préposé ».

 

Il existe quelques façons de corriger ce type d’erreur, dont les trois suivantes :

 

  1. Mentionner de façon explicite le sujet dans la proposition participiale parce que le sujet est différent de la proposition principale.

    • Correction : Pour que le client puisse connaitre le solde de son compte, le préposé lui demande de composer son numéro d’accès.
  2. Transformer la proposition subordonnée infinitive de façon à ce que le sujet fasse référence à « préposé ».

    • Correction : Pour que le préposé puisse avoir accès au compte, il demande au client de composer son numéro d’accès.
  3. Transformer la proposition principale, de sorte que le sujet soit le même que celui sous‑entendu dans la proposition principale.

    • Correction : Pour connaitre le solde de son compte, le client compose son numéro d’accès.

 

D. Anacoluthe présente dans la coordination d’éléments à régime différent (zeugme).

 

  1. Pierre veut voir et parler à Marie (coordination de verbes à régime différent - dont le type de complément est différent).

    • Cette phrase est fautive parce que la conjonction de coordination « et » qui sert à lier des éléments de même niveau syntaxiqueÉléments qui ont le même statut ou la même fonction syntaxique – par exemple, ce sont deux noms communs : la pomme et la poire; deux adjectifs qualificatifs : Il est beau et aimable; deux sujets : Annie et Paul vont au marché. lie ici deux verbes à régime différent. En effet, les verbes « voir » et « parler » ne peuvent être coordonnés parce qu’ils ne sont pas suivis du même type de complément : le verbe « voir » doit être suivi d’un complément direct (que l'on obtient en posant les questions « qui? » ou « quoi? » après le verbe - Pierre veut voir « qui? »), tandis que le verbe « parler » doit être suivi dans cette phrase d’un complément indirect (que l'on obtient en posant les questions « à qui? », « à quoi? », « de qui? », « de quoi? » après le verbe - dans ce cas-ci la question « à qui? » est de mise - Pierre veut parler « à qui? ».
    • Pour corriger cette structure fautive, il suffit de faire suivre le premier verbe du complément et de lier un autre complément – souvent un pronom personnel complémentListe des pronoms personnels compléments : m’, me, moi, t’, te, toi, s’, se, soi, elle, elles, l’, le, la, lui, en, y, nous, vous, leur, eux. – au deuxième verbe.
    • Correction : Pierre veut voir Marie et lui parler. (Nous avons fait suivre le premier verbe « voir » du complément « Marie » et avons lié le pronom personnel complément « lui », qui correspond également à Marie, au verbe « parler ».)
  2. Habilité et pressé d’administrer le médicament au patient, l’infirmier a commis une erreur impardonnable (coordination d'adjectifsSelon la nouvelle grammaire, le participe passé employé seul est considéré comme un adjectif parce que l'accord de ces deux types de mots est le même : un adjectif et un participe passé employé seul s'accordent en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte. à régime différent – dont le type de complément est différent).

    • Cette phrase est fautive parce que la conjonction de coordination « et » qui sert à lier des éléments de même niveau syntaxique lie ici deux adjectifs à régime différent. En effet, les adjectifs « habilité » et « pressé » ne peuvent être coordonnés parce qu’ils ne sont pas suivis du même type de complément : l'adjectif « habilité » doit être suivi de la préposition « à » (être habilité à faire quelque chose), tandis que l'adjectif « pressé » doit être suivi de la préposition « de » (être pressé de faire quelque chose).
    • Pour corriger cette structure fautive, il suffit de faire suivre le premier adjectif de la bonne préposition – dans ce cas « à » – ainsi que du complément et de lier l’autre adjectif à la préposition exigée ainsi que d’un complément – souvent un pronom personnel complément.
    • Correction : Habilité à administrer le médicament au patient, mais trop pressé de le faire, l’infirmier a commis une erreur impardonnable. (Nous avons fait suivre le premier adjectif « Habilité » de la préposition « à » et du complément « administrer le médicament au patient » et nous avons lié au deuxième adjectif « pressé » la préposition « de » et un autre complément « de le faire », qui correspond également à « administrer le médicament au patient ».  

 

E. Anacoluthe présente dans une phrase comportant une apposition qui ne précède ni ne suit directement le mot auquel il se rapporte.

 

L’apposition est un nom, un adjectif qualificatif, un participe passé employé seul ou un pronom placé auprès du nom ou du pronom auquel il se rapporte pour le situer, en préciser le sens ou pour y ajouter une qualification.

  • Exemples :

Paris, Ville Lumière, est la capitale de la France.

Le français, langue de Molière, est parlé sur tous les continents.

Ce chien, aveugle et blesséEn nouvelle grammaire, le participe passé employé seul est considéré comme un adjectif qualificatif. Il s'accorde donc en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte. , erre dans la rue.

Doué, il ne connait pas ce que c’est que de faire preuve de courage et de persévérance.

 

Lorsque l’apposition ne précède ou ne suit pas immédiatement le nom auquel il se rapporte, elle constitue un type d’anacoluthe. La phrase est donc fautive et doit être corrigée.

 

Voyez par vous-même!

 

  1. Resplendissante et émerveillée, son père était si fier d’elle.

    • Dans cette phrase, le sujet de « resplendissante et émerveillée » pourrait être « la jeune fille » (sous-entendu). L’apposition « resplendissante et émerveillée » doit être immédiatement précédée ou suivie du mot auquel il se rapporte. La phrase contient une anacoluthe et doit être corrigée. Pour ce faire, le sujet de « resplendissante et émerveillée » doit suivre ou précéder immédiatement l’apposition.
    • Correction : Resplendissante et émerveillée, la jeune fille savait que son père était fier d’elle.

 

Par ailleurs, l’anacoluthe peut être une figure de style qui n’est pas toujours considérée comme une erreur – le plus souvent acceptée (ou tolérée) chez les grands auteurs et les poètes.

 

Voyez par vous-même :

 

  1. Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. (Blaise Pascal) (La proposition principale, qui se lit : « Le nez de Cléopâtre toute la face de la terre aurait changé », est fautive. Elle devrait plutôt se lire comme suit : « Le nez de Cléopâtre aurait changé toute la face de la terre. » La phase devrait plutôt se lire comme suit : Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, aurait changé toute la face de la terre.)
  2. Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géants l'empêchent de marcher. (Charles Baudelaire) (Le sujet de la proposition participiale est sous-entendu et n’est pas le même que dans la proposition principale « ses ailes de géants l’empêchent de marcher ». La phrase devrait plutôt se lire comme suit : Exilé sur le sol au milieu des huées, l’albatros ne pouvait marcher à cause de ses ailes de géants.)
  3. Les hommes de l’Occident étaient en marche vers ceux de l’Orient afin de s’entretuer. (traduction de Tolstoï) (Le sujet du verbe à l’infinitif « s’entretuer » est manquant. La phrase devrait plutôt se lire comme suit : Les hommes de l’Occident étaient en marche vers ceux de l’Orient afin qu’ils puissent s’entretuer.)

 


 

À VOUS DE VOUS EXERCER MAINTENANT!

 


 

Les phrases suivantes sont-elles grammaticalement correctes? Sinon, corrigez-les.

 

  1. En tombant du bateau, les vagues le submergèrent.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  2. Assis confortablement dans le fauteuil, ses amis lui demandèrent de les accompagner à la plage.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  3. En courant, son lacet détaché le fit tomber.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  4. Plongée dans le noir, la ville dormait.

    {exercise answer="phrase correcte" incorrect="phrase incorrecte"}

    Explication


     
  5. Après avoir fini son travail, la nuit tomba.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  6. Vue de loin, les enfants se sont dirigés vers la plage à toute allure.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  7. Émerveillée, ses parents la félicitèrent pour avoir remporté la médaille d’or.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  8. Attristés de voir leur fils partir, la maison sera dorénavant vide.

    {exercise answer="phrase incorrecte" incorrect="phrase correcte"}

    Explication


     
  9. En cherchant des sous sur le sol, l’enfant a trouvé un billet de 100 dollars.

    {exercise answer="phrase correcte" incorrect="phrase incorrecte"}

    Explication


     
  10. Ce couple a rénové et vendu sa maison le mois dernier.

    {exercise answer="phrase correcte" incorrect="phrase incorrecte"}

    Explication

{exercise}


 

BIBLIOGRAPHIE

 


 

de Villers, M.-É. (2003). Multidictionnaire de la langue française (4e éd.). Montréal : Québec Amérique. 1 542 p.

 

Dubois, J. & al. (2001). Dictionnaire de linguistique. Paris : Larousse. 514 p.

 

Grevisse, M., Goosse, A. (2007). Le bon usage (14e éd.). Bruxelles : Duculot. 1 600 p.

 

Marquis, A. (2008). Le style en friche. Montréal : Triptyque. 208 p. 

 

Office québécois de la langue française. (2011). Consulté le 20 juillet 2011, sur http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=3211

 

Portail linguistique du Canada. (2011). Consulté le 20 juillet 2011, sur http://ww.noslangues.gc.ca

 

Marche romane. (2007). Consulté le 19 juillet 2011, sur http://feuilly.hautetfort.com/archive/2007/10/10/zeugma-et-autres-anacoluthes.html




Conceptrice : Brigitte Murray

Mise en ligne : Camille Pichette-Cécyre